Le temps des messageries

 

Au temps des messageries, dans les années 30, le transport se faisait par calèche et diligence, de Nouméa à Tontouta. Le point de ralliement se situait à l’emplacement de l’actuel Immeuble Cheval, à proximité des écuries. A cette époque, plusieurs entrepreneurs privés officiaient sur le réseau et transportaient passagers et fret.

© Collection Porcheron

La seconde guerre mondiale

 

Il est évident que les Américains, arrivés en Nouvelle-Calédonie avec la Seconde guerre mondiale, ont largement contribué à développer le réseau routier. Avec la construction de nouvelles routes, il est devenu alors plus facile de circuler et les calédoniens ont commencé à voyager un peu plus.

 

À leur départ, les Américains ont laissé bon nombre de véhicules de transports de troupes, des GMC, sur le Territoire. Certains calédoniens les ont acquis pour en faire du transport de personnes. C’est le début du transport en brousse.

Les GMC étaient utiles à plus d’un titre. À cette époque en effet, il y avait plus d’une dizaine de bacs à franchir, sur la côte Est, entre Hienghène et Ponérihouen - ils ont été, depuis, remplacés par des ponts. Il fallait donc des véhicules solides pour franchir ces radiers.

 

Une entreprise en particulier s’occupait du transport vers la brousse avec ces vieux GMC de l’armée américaine pouvant accueillir 60 passagers : la SCEA, société calédonienne d’entreprise automobile. Les bancs étaient en bois, les routes n’étaient pas goudronnées. « C’est donc dans la poussière que l’on passait le col des roussettes, et le col de Boghen », se souviennent les passagers d’antan. Pour l’anecdote, rappelons qu’un voyage de Hienghène à Nouméa revient aujourd’hui à un Tokyo-Nouméa, soit 12 heures de voyage.

L'époque des Babys cars

 

Le phénomène des Babys cars apparaît dans les années 1960/70. De marque Renault, ces véhicules d’une capacité de 40 à 50 places, ne disposaient pas de vitres latérales mais de bâches que l’on déroulait selon les conditions climatiques. Les bagages étaient entreposés sur le toit, dans un carré. Un peu plus modernes que les GMC, ils avaient néanmoins l’inconvénient majeur de ne pas être très stables du fait de leur hauteur. D’ailleurs, il arrivait que l’on assiste à des chavirements de ces véhicules.

Gérés par des entreprises privées, les Babys cars circulaient de Nouméa vers la Brousse jusqu’à Pouébo, et desservaient la côte Ouest et la côte Est.

Parmi les premiers calédoniens à s’être lancés dans l’aventure du transport en commun, citons Jean-Charles Dubois qui a commencé à cette époque et officie toujours sur la liaison.

 

 

Les accords de Nouméa

 

Dans les années 80, avec la signature des accords de Nouméa et de Matignon, le droit au transport devient un droit fondamental. Sans transport, sans déplacement, impossible de travailler, de s’épanouir, de faire des études. Raison pour laquelle, la Nouvelle-Calédonie ne peut plus s’exonérer de transports modernes. C’est un droit fondamental, reconnu par la constitution qui instaure la liberté d’aller et venir, prémices du réseau RAÏ.

Nouvelles aspirations

 

Au fil des années, le réseau s’étoffe avec d’autres entrepreneurs, à l’exemple, des Antillais qui, dans les années 1970 reprennent à leur compte les transports en commun.

Les véhicules se modernisent. Les Babys cars sont peu à peu remplacés par des 303 Mercédès dont la longévité est exceptionnelle. D’une capacité de 60 places, certains de ces véhicules sont climatisés.

 

Pour répondre au droit fondamental de liberté d’aller et venir, le Territoire réfléchit à la création d’un réseau de transport urbain. En 1995, le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie signe une convention. Celle-ci établit un cadre législatif de travail, prévoit un réseau organisé, avec des horaires, et des tarifs votés par le Congrès. Une dizaine de transporteurs relèvent le défi. Ces indépendants, rémunérés à la place, perçoivent alors des subventions pour assurer ce service public.

 

Cette étape permet à certains de se regrouper et en 2009, le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, les provinces Sud et Nord créent le SMTI (Syndicat mixte des transports urbains), autorité organisatrice chargée d’encadrer le transport interurbain.

 

Au cadre, s’ajoute désormais un organisme chargé de veiller à ce réseau. Des appels d’offre sont lancés afin que les transporteurs existants puissent acquérir du matériel roulant. Malheureusement, ces entrepreneurs privés ne peuvent assurer le financement de ce nouveau matériel. Voyant le réseau se dégrader, le Gouvernement, en 2012, décide d’acheter le matériel roulant et de le mettre à disposition des transporteurs. C’est la naissance du RAÏ.

 

Ce marché de trois ans se terminera en 2017. D’ici là, l’objectif est de former un groupement de transporteurs, capables à l’échéance du marché, de répondre à un appel d’offres avec l’acquisition de leur propre matériel. Cette période va être mise à profit pour former les conducteurs et sensibiliser les entrepreneurs afin qu’à terme, ils puissent financer et entretenir leur matériel. Le SMTI resterait l’autorité chargée du contrôle.